14
juin
2022

Une mode dont je me serais bien passée… Un REX fort interessant!

Tout a commencé il y a plus de trois mois…

Lorsqu’un bébé né, son âge est compté en jours (nouveau-né de 2 jours, 3 jours, 4 jours, …), puis en semaines (nourrisson de 2 semaines, 3 semaines, 4 semaines, …), puis en mois (bébé de 2 mois, 3 mois, 4 mois, …etc.) et enfin en années (enfant d’1 an, 2 ans, 5 ans, …etc.).

Le parallèle me parait intéressant bien que cela n’ait rien à avoir ! J’ai commencé à compter mon aventure en jours, puis en semaines (#week1, #week2, week3….. ) et lorsque dernièrement j’ai écrit #week12, j’ai réalisé que cela faisait « déjà » 3 mois…  3 mois que je vivais un épisode très particulier, un bout de vie qui fut/est une épreuve à tous points de vue !  Cette épreuve fut et est riche en apprentissages ! Un rêve demeure… que le calcul en années ne survienne pas !

Bien que rebelle, j’ai souvent été bon soldat… et en bon soldat, je me suis conformée à la mode du moment et pour se faire, mon corps a décidé de « chopper » un virus très à la mode : le fameux SARS-COV2, plus communément connu sous le nom de COVID, et dans mon cas, il s’agissait d’un variant inconnu ayant muté plusieurs fois.

L’aventure a commencé lors d’un week-end sportif et festif à l’étranger. J’ai été invitée à une rencontre sportive officielle avec un triple enjeu (pour l’équipe, pour la fédération nationale, pour le coach). Et quelle joie d’avoir assisté à la qualification de la sélection nationale aux championnats du monde 2023. De plus, j’ai eu la chance de rencontrer une fédération aux valeurs humaines et humanistes certaines qui pourrait servir d’exemple à ses semblables. Le week-end fut magique, riche en émotion et rempli de joie, d’amour et de partage.

De retour chez moi, des « symptômes » d’une banalité déconcertante apparaissent (maux de gorge, nez qui coule, …). Et pour être toujours « à la mode », j’ai réalisé un autotest qui fut négatif. La conclusion tomba : « c’est la grippe » !

Je vous épargne la saga des symptômes et de la série de tests qui ont suivi car quelques jours plus tard, le verdict tombe : « vous êtes positive » ! Quoi de plus banal à une période où il était davantage plus simple de comptabiliser les non positifs que l’inverse !

Effectivement, quoi de plus banal ! Sauf que la suite le fut beaucoup moins…

Triplement vaccinée, respectueuse des gestes barrières, je « choppe » donc ce fameux virus à la mode en mars dernier. Ai-je eu la grippe quelques jours avant, peut-être ! Et en même temps, est-ce vraiment important de le savoir ?

Et comme je n’aime pas faire les choses qu’à moitié, une saga de symptômes « un peu plus sérieux » a commencé, ce qui a signé le début d’une aventure inédite, une drôle d’aventure ! Une aventure mémorable où le mercredi soir de la #semaine3 à 23h, cinq beaux mecs en uniforme se sont occupés de moi et m’ont conduite dans leur camion rouge…. Les symptômes n’étaient plus d’une banalité déconcertante, il s’agissait de la catégorie « ligue des champions », je rentrais officiellement dans une autre dimension.

S’en est suivi la phase de convalescence et de repos forcé où le moindre effort physique comme parler, réfléchir, marcher quelques pas s’apparente à un marathon de 3h. Il m’était donc impossible de reprendre une activité professionnelle « normale ».

Les tentatives de reprendre mon activité ont été multiples, sauf que lorsque vous êtes incapable de vous concentrer plus de cinq minutes, ou que le moindre effort s’apparente à un marathon, la traduction dans les faits est stupéfiante :

  • Incapacité à parler normalement (ton et volume),
  • Incapacité à parler car on ne se rappelle plus des mots (la mémoire est un effort)
  • Incapacité à réfléchir car cela nécessite de la concentration et cela est un effort également, …

Et à l’image d’un corps après un marathon, la fatigue physique après 5 minutes de concentration ou de parole est tellement perceptible qu’il n’y a pas d’autre choix que de dormir. J’ai donc vécu une alternance de « je parle 5 minutes, je dors 3h pour récupérer » !

Cette expérience me fait réaliser plusieurs choses dont je ne me préoccupais guère. Elle me fait, par exemple, prendre conscience de la notion d’« handicape invisible » ! Et oui ! La fatigue extrême et intense « ça ne se voit pas », comment donc justifier son incapacité à travailler, à conduire des RDV, à assister à des réunions, à être pleinement présent !

Il est vrai que le Covid a parfois « bon dos » ou a eu « bon dos » – exemple : « je dis que je suis cas contact et je ne vais pas à tel ou tel RDV »,

Il est vrai, qu’il y a eu des dérives également – exemple : « Tu es positif, tu restes chez toi mais te travailles quand même ». Cela est pleinement possible pour les cas positifs asymptomatiques ou avec des symptômes minimes ! Mais généraliser et globaliser cela est un non-sens et surtout cela souligne la méconnaissance totale de ce que peut être ou ce que peut provoquer cette saloperie de virus !

Par ce témoignage, aussi banal soit-il, je souhaite sensibiliser le monde qui m’entoure à deux choses clés :

  • D’une façon générale : l’attention portée au handicape invisible (vaste sujet !)
  • D’une façon plus particulière : être attentif aux collaborateurs ayant contracté le covid et qui prétendent « être fatigués », ou manquer de concentration. Lorsque ces derniers font des horaires plus light que d’habitude, ou lorsqu’ils manquent de tonus, cela devrait alerter. Il ne s’agit en aucun cas d’un jeu, d’une blague ou d’un manque de sérieux. Il s’agit au contraire d’un sujet très sérieux et qu’il faut prendre au sérieux. La personne qui le vit au quotidien vit un enfer, elle se retrouve diminuée, impuissante et parfois profondément seule. Seule, car même le corps médical n’a pas le recul nécessaire (enfin un recul de deux ans). Elle se retrouve seule avec le même refrain de la part de tous (médecins ; amis, famille), à savoir « repose toi, il faut patienter, cela risque d’être long ». L’absence de perspectives et la non-visibilité peuvent-être pour certains insoutenables, et peuvent également générer des dégâts collatéraux ! Il s’agit d’un enjeu social et de santé publique majeur !

En ce qui me concerne, je suis dans ma 13e semaine (plus de 3 mois), je commence tout juste à ne plus avoir de brouillard dans la tête, à pouvoir enchainer 2 RDV consécutifs et à sortir parfois de chez moi pour des RDV professionnels ou tout simplement pour voir mes amis !

Ma démarche de retour à la vie professionnelle de tous les jours a été réfléchie et construite pour que je puisse la vivre du mieux possible : j’ai expliqué mon contexte à mes clients et partenaires, et j’ai adapté mon rythme car il m’était impossible de « faire comme avant ».

J’ai décidé de partager ce que je vivais au quotidien avec mes clients et mon entourage professionnel afin qu’ils comprennent, qu’ils me comprennent ! Et aujourd’hui j’incite les collaborateurs ayant vécu ou vivant la même chose à le faire. Les raisons à cela sont multiples. En voici un petit échantillon :

  • Lorsque la fatigue associée à ce contexte se présente, elle ne prévient pas, elle est soudaine et intense. Cette information aide les autres à comprendre, à décoder nos comportements. Dans mon cas, cela se traduit ou s’est traduit par l’annulation ou le décalage de certains RDV à la dernière minute. Il était donc important pour moi que les parties prenantes du RDV en soient informées pour pas qu’ils soient surpris et pour préserver la relation de confiance et de sérieux qu’il y a entre mes clients et moi.
  • D’autres éléments sont également plus faciles à vivre lorsque que le contexte est connu : chercher ses mots ou avoir du mal à respirer n’est pas toujours agréable, proposer toujours à l’autre de se déplacer car prendre sa voiture ou les transports est un effort, peut également être mal perçu, … etc.
  • Prioriser des actions au détriment d’autres peut également ne pas être compris. Dans mon cas, mes actions de bénévolat dans le monde associatif ont été mises entre parenthèse, le sport ne m’est pas encore permis, mon administratif a pris du retard… Je priorise non pas l’urgent mais l’important et cela se passe bien !

Aujourd’hui, à l’heure où j’écris, j’ai le sentiment que le plus dur est derrière moi !  La fatigue est toujours présente et elle sait me rappeler à l’ordre sans aucun préavis. Mon rythme d’avant est loin d’être de retour ! Je pense être à 60% de ma forme d’avant ! Je vais donc effectivement être patiente et reprendre progressivement ma vie d’avant en fonction de ce que mon mental et mon corps peuvent supporter car une chose est sure, je n’ai pas d’autres choix ! La nature sait reprendre ses droits lorsqu’elle le souhaite !

Merci à tous ceux qui ont été présents et qui continuent à l’être (copains, amis, famille, collègues, clients) – La vie est belle, sachons la préserver et être aidants ! Tout comme la sphère privée, le monde professionnel a la capacité d’être modélisant !

Une sacrée leçon de vie ! Associée à une leçon humaine forte !

Dalila Guillot

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